Vivre dans les Laurentides, le guide de l'acheteur qui s'y installe

Village au bord d'un lac entouré de montagnes boisées aux couleurs d'automne, vu des airs

Ce qu’il faut retenir : Vivre dans les Laurentides, c’est choisir entre la couronne de Montréal, les Pays-d’en-Haut et les Hautes-Laurentides. Plus on monte au nord, plus le terrain grandit, mais plus la gare et l’hôpital s’éloignent, et plus la revente prend du temps. Au troisième trimestre de 2026, une maison unifamiliale s’y vendait 573 750 $ en médiane selon Centris.

Une famille qui quitte Laval pour Blainville garde son train, son trajet et la plupart de ses habitudes. Celle qui part pour Saint-Sauveur change de rythme, de marché immobilier et de distance avec l’hôpital. Les deux disent pourtant qu’elles vont vivre dans les Laurentides.

Ce sont les secondes qui pèsent le plus dans les chiffres. Entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025, la région a gagné 5 655 résidents dans ses échanges avec le reste du Québec, et la croissance la plus forte, en proportion, s’est faite dans les Pays-d’en-Haut et dans Argenteuil, pas aux portes de Laval.

Les Pays-d’en-Haut et Argenteuil attirent le plus de nouveaux résidents

En bref : en 2024-2025, ces deux MRC ont affiché les plus forts gains migratoires de la région, loin devant les secteurs voisins de Laval.

Le bulletin de l’Institut de la statistique du Québec sur la migration interrégionale place les Laurentides au deuxième rang des régions gagnantes en 2024-2025, derrière Lanaudière, avec un taux net de 0,85 %. Montréal y a perdu 3 300 résidents en un an.

Les Pays-d’en-Haut ont gagné l’équivalent de 2,49 % de leur population, et Argenteuil 2,39 %, les deuxième et troisième meilleurs résultats du Québec. La MRC des Laurentides, autour de Mont-Tremblant et de Sainte-Agathe-des-Monts, suit à 1,90 %.

Plus près de Montréal, le portrait s’inverse. La Rivière-du-Nord et Mirabel tournent autour de 0,9 %, Deux-Montagnes plafonne à 0,12 %, et Thérèse-De Blainville affiche un léger solde négatif.

Ce glissement change la concurrence à l’achat : dans les Pays-d’en-Haut, la famille qui quitte Laval vise souvent la même maison qu’un acheteur de chalet de fin de semaine.

Trois Laurentides qui ne se vivent pas de la même façon

Les huit MRC de la région forment trois réalités :

  • La couronne près de Montréal. Thérèse-De Blainville, Deux-Montagnes, Mirabel et la Rivière-du-Nord, le long des autoroutes 15 et 640. On y achète pour raccourcir le trajet.
  • Les Pays-d’en-Haut et Argenteuil. Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Morin-Heights ou Lachute, où le chalet voisine la maison familiale. On y achète pour l’espace, souvent avec du télétravail.
  • Les Hautes-Laurentides. La MRC des Laurentides et Antoine-Labelle, de Mont-Tremblant à Mont-Laurier, où la route 117 prend le relais de l’autoroute 15. On y achète souvent pour une préretraite.

Pour départager deux villes de la couronne, la comparaison entre Saint-Jérôme et Mirabel met côte à côte prix, écoles et accès à Montréal.

Au nord de Saint-Jérôme, la voiture remplace le train

En bref : le train relie Saint-Jérôme au centre-ville de Montréal en 1 h 25 environ ; plus au nord, il n’y a plus de gare et les soins s’espacent.

Selon l’horaire de la ligne 12 Saint-Jérôme d’exo, cinq trains partent de Saint-Jérôme vers la gare Lucien-L’Allier les matins de semaine, entre 5 h 15 et 7 h 30. Celui de 7 h 10 arrive à 8 h 35 ; depuis Blainville, le même train met 1 h 10.

La fin de semaine, les trains vers Montréal s’arrêtent à la gare De la Concorde, à Laval. Et au-delà de Saint-Jérôme, il n’y a plus de gare : de Saint-Sauveur ou de Sainte-Agathe-des-Monts, on se rend à Montréal par l’autoroute 15.

Les soins suivent la même pente. La liste des hôpitaux du CISSS des Laurentides compte des hôpitaux à Saint-Eustache, à Saint-Jérôme et à Mont-Laurier, et des centres multiservices à Lachute, à Rivière-Rouge et à Sainte-Agathe-des-Monts, où l’ancien Hôpital Laurentien a changé de nom. Avant d’acheter, demandez quels services y sont offerts, l’urgence comprise.

Pour une ville centre où tout est à quelques minutes, voyez la vie à Saint-Jérôme en chiffres.

Train de banlieue qui entre en gare un matin d'hiver, un repère à vérifier avant de vivre dans les Laurentides

Internet et l’hiver se vérifient à l’adresse, pas à la ville

L’Opération haute vitesse, terminée en mars 2024, a branché plus de 339 500 foyers québécois, selon l’état de situation du gouvernement du Québec. Sa carte indique, adresse par adresse, si le service passe dans la rue ; « desserte à confirmer » veut dire un service satellitaire au minimum. L’information du fournisseur prévaut : obtenez-la avant l’offre.

L’hiver se mesure aussi. Les normales climatiques d’Environnement et Changement climatique Canada donnent 291,5 cm de neige par année à Saint-Hippolyte, à 365 m d’altitude, contre 184 cm à Saint-Jérôme, une vingtaine de kilomètres plus au sud (période 1981-2010). Les degrés-jours de chauffage passent de 4 762 à Saint-Jérôme à 5 125 à Saint-Hippolyte : environ 8 % de plus à chauffer, à maison égale.

Plus de neige, c’est aussi une entrée à déneiger plus souvent et, sur un chemin privé, une part de l’entretien à payer avec les voisins : demandez l’entente de chemin avant de signer. En contrepartie, sur le parc linéaire Le P’tit Train du Nord, une piste de 234 km, le tronçon de Saint-Jérôme à Sainte-Agathe-des-Monts est tracé pour le ski de fond ; plus au nord, certaines sections deviennent des sentiers de motoneige.

Le prix médian régional cache des délais de revente très différents

En bref : au troisième trimestre de 2026, une maison unifamiliale des Laurentides se vendait en 49 jours, mais une copropriété de Mont-Tremblant restait affichée 174 jours en moyenne.

Selon les statistiques immobilières de Centris pour les Laurentides, 1 804 maisons unifamiliales ont changé de mains au troisième trimestre de 2026. La médiane a atteint 573 750 $, en hausse de 5 %, pour 49 jours sur le marché. Les inscriptions en vigueur ont grimpé de 16 %, à 3 783 maisons.

Les données de Centris pour Mont-Tremblant montrent une médiane unifamiliale de 645 000 $ (+12 %) et un délai moyen de 76 jours. En copropriété, 49 ventes seulement pour 292 propriétés affichées, et 174 jours en moyenne.

Divisez les propriétés affichées par les ventes du trimestre : au rythme actuel, l’offre unifamiliale de la région s’écoulerait en six mois environ. Il en faudrait neuf à Mont-Tremblant, et près d’un an et demi pour ses copropriétés. Ce ratio se calcule à partir des chiffres de Centris, qui ne le publie pas.

Un marché lent aide à l’achat et nuit à la revente : l’acheteur qui s’installe au nord négocie sans se presser, mais doit prévoir la patience qu’exigerait une vente forcée par une mutation ou un ennui de santé.

Avant de réserver des visites dans deux secteurs, décrivez votre projet d’achat : les propriétés proposées tiendront compte de votre trajet, de votre budget et du délai de revente.

Au bord de l’eau, la carte des zones inondables passe avant la visite

Dans la région, le bord de l’eau que la nouvelle cartographie redessine a des noms connus : la rivière du Nord, qui traverse Saint-Jérôme ; la Rouge, de Rivière-Rouge à Grenville-sur-la-Rouge ; le lac des Deux Montagnes et la rivière des Mille Îles, autour de Deux-Montagnes et de Saint-Eustache.

Le guide de CAA-Québec sur la nouvelle cartographie des zones inondables explique que Québec publie graduellement, depuis mars 2026, des cartes qui touchent environ 30 % plus de résidences. Tant qu’un secteur n’y figure pas, l’ancienne carte s’applique. Une maison nouvellement classée peut coûter plus cher à assurer, le prêteur peut exiger une mise de fonds plus importante, et la protection contre le débordement de cours d’eau s’ajoute par avenant.

Avant de lever les conditions, consultez la carte à l’adresse exacte, obtenez une soumission d’assurance ferme avec cet avenant et demandez au service d’urbanisme ce que la zone permet en rénovation et en reconstruction.

Route inondée au printemps le long d'une rivière qui déborde

Choisir son secteur selon la vie qu’on mènera vraiment

Votre situationSecteur à regarder d’abordCe qu’il faut vérifier avant de visiter
Deux emplois à Laval ou à Montréal, enfants au secondaireThérèse-De Blainville, Mirabel, Rivière-du-NordHoraire du train à la gare la plus proche, école secondaire de l’adresse
Télétravail trois jours ou plus, besoin d’espacePays-d’en-Haut, ArgenteuilInternet à l’adresse exacte, chemin public ou privé, location touristique dans le voisinage
Préretraite, projet de vivre au chalet à l’annéeMRC des Laurentides, Antoine-LabelleServices offerts au centre de santé le plus proche, déneigement, délai de revente du secteur
Achat avec revenus de locationSelon le zonage municipalUsage permis sur le terrain, enregistrement de l’hébergement

Pour un achat avec revenus de location, l’analyse sur l’investissement immobilier dans les Laurentides détaille l’enregistrement auprès de la CITQ et le rôle du zonage.

Vivre dans les Laurentides en choisissant d’abord son secteur

Une maison des Laurentides se juge à quatre distances que l’annonce ne donne pas : jusqu’à la gare, jusqu’aux soins, jusqu’à Internet et jusqu’à l’eau. Pour vivre dans les Laurentides sans mauvaise surprise, mesurez-les avant la première visite, puis vérifiez le délai de revente du secteur. La cuisine et le nombre de chambres départagent ensuite les maisons qui ont passé ces tests.

Un déménagement dans la région est prévu d’ici un an? Planifiez un premier échange pour obtenir les ventes récentes des secteurs que vous comparez.

FAQ

Vivre dans les Laurentides, est-ce un bon choix pour une famille?

Oui, si le secteur suit le travail des parents. Une famille qui veut vivre dans les Laurentides près de Laval trouve dans Thérèse-De Blainville, Mirabel et la Rivière-du-Nord le train de banlieue, les autoroutes 15 et 640 et des écoles secondaires à proximité. Plus au nord, les terrains grandissent, mais l’école secondaire, les soins et l’épicerie s’éloignent, et la plupart des déplacements se font en voiture.

Quelles villes font partie des Basses-Laurentides?

Aucune liste officielle n’existe. L’expression désigne généralement le sud de la région, la partie la plus proche de Laval : Saint-Eustache dans Deux-Montagnes, Blainville, Sainte-Thérèse et Boisbriand dans Thérèse-De Blainville, la ville de Mirabel et, selon l’usage, Saint-Jérôme dans la Rivière-du-Nord. L’Institut de la statistique du Québec découpe plutôt la région en huit MRC, d’Argenteuil à Antoine-Labelle, et c’est ce découpage que suivent ses données annuelles de migration interrégionale.

Combien de temps faut-il pour aller à Montréal en train depuis les Laurentides?

Environ 1 h 25 depuis Saint-Jérôme. En semaine, le train de 7 h 10 arrive à la gare Lucien-L’Allier à 8 h 35, et le trajet prend 1 h 10 depuis Blainville. La gare Parc, dans le nord de Montréal, est à moins d’une heure de Saint-Jérôme. La fin de semaine, les trains s’arrêtent à Laval. Au nord de Saint-Jérôme, aucune gare : le trajet se fait en voiture.

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