Investir dans l’immobilier des Laurentides ne veut plus dire acheter vite. Les secteurs de villégiature de la région affichent aujourd’hui les délais d’écoulement les plus élevés du Québec, entre six et dix mois d’inventaire, et des conditions désormais près de l’équilibre.
Pour un investisseur, cette donnée vaut plus qu’un prix médian. Elle signifie que le pouvoir de négociation change de camp dans certains segments, alors qu’il reste solidement du côté des vendeurs dans d’autres.
Il est donc essentiel de lire le marché segment par segment plutôt que région par région. Cet article compare les chiffres du printemps 2026, situe les secteurs qui tiennent le mieux, détaille l’encadrement de la location à court terme et rappelle les vérifications propres au parc immobilier régional.
Investir dans l’immobilier des Laurentides, ce que disent les chiffres
Le deuxième trimestre de 2026 marque un troisième recul consécutif des ventes résidentielles au Québec. L’offre, elle, se reconstruit : les inscriptions en vigueur ont progressé de 14 %.
| Segment | Prix médian | Variation sur un an | Conditions de marché |
|---|---|---|---|
| Unifamiliale, Québec | 523 250 $ | +5 % | Favorable aux vendeurs, mais en repli |
| Copropriété, Québec | 405 000 $ | +1 % | Rééquilibrage le plus rapide |
| Plex, Québec | 690 000 $ | +2 % | Clairement favorable aux vendeurs |
| Plex, région de Montréal | 874 000 $ | +5 % | Demande soutenue |
| Unifamiliale, Saint-Jérôme | 547 000 $ | Ventes en baisse de 11 % | Inscriptions en hausse de 26 %, délai de 30 jours |
Sources : APCIQ, statistiques du 2e trimestre 2026 pour les données provinciales et métropolitaines, Centris pour Saint-Jérôme. Les variations sont calculées sur un an.
Selon les statistiques trimestrielles de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, la hausse de l’offre touche toutes les catégories, menée par la copropriété avec 20 %. Fait notable pour la région : Mont-Tremblant figure parmi les deux seuls marchés du Québec où l’offre n’a pas augmenté.
Deux municipalités des Laurentides se démarquent nettement. Sainte-Agathe-des-Monts affiche la plus forte hausse de prix médian de la province pour l’unifamiliale, à 19 %. Sainte-Adèle fait partie des agglomérations où les ventes progressent de plus de 10 %, à contre-courant de la tendance provinciale.
Les segments qui résistent le mieux à la normalisation
Le plex demeure le segment le plus tendu. Ses conditions de marché restent franchement favorables aux vendeurs partout au Québec, et ses gains de prix se maintiennent alors que ceux de l’unifamiliale ralentissent.
Cette solidité tient à une équation simple : la demande locative ne fléchit pas, et l’offre d’immeubles à revenus reste limitée dans les villes centres. Sur le terrain, on remarque que le parc de duplex et de triplex à Saint-Jérôme se concentre dans les secteurs anciens.
La copropriété présente le profil inverse. C’est le segment qui se rééquilibre le plus vite, avec une offre en forte hausse et une croissance de prix quasi nulle. Un investisseur patient y trouve aujourd’hui une marge de négociation qui n’existait pas en 2024.
Les analyses détaillées sur l’investissement en immeuble à revenus à Saint-Jérôme et sur les triplex à vendre dans le secteur précisent les rendements observés localement.

La location à court terme est encadrée plus strictement qu’avant
Le modèle de la propriété de villégiature louée à la semaine repose entièrement sur une chaîne d’autorisations.
- L’enregistrement provincial : toute offre de location de 31 jours consécutifs et moins exige un enregistrement auprès de la Corporation de l’industrie touristique du Québec, et le numéro doit apparaître dans chaque annonce.
- Les preuves de résidence principale : pour tout enregistrement de résidence principale entrant en vigueur à compter du 1er septembre 2026, la CITQ exige deux preuves de résidence principale au moment de la demande initiale, puis à chaque renouvellement annuel.
- Le zonage municipal : chaque municipalité décide si l’usage est permis sur un terrain donné. Aucune règle régionale uniforme n’existe, et deux terrains voisins peuvent relever de zones différentes.
- La déclaration de copropriété : dans un immeuble détenu en copropriété divise, le règlement peut interdire complètement la location à court terme, même dans une zone municipale autorisée.
Vérifiez ces quatre éléments avant de faire une offre, pas après. Une propriété achetée pour son potentiel locatif touristique dans une zone qui l’interdit devient une résidence secondaire ordinaire, avec un rendement nul.
Si vous cherchez des occasions concrètes dans la région, consultez les propriétés disponibles pour situer les prix demandés par secteur.

Les vérifications propres au parc immobilier régional
Le territoire laurentien impose des contrôles qui n’existent pas en milieu urbain dense.
L’approvisionnement en eau et le traitement des eaux usées viennent en tête. Une propriété desservie par un puits et une installation septique exige les analyses d’eau, les preuves de vidange et l’année d’installation du système. Le remplacement d’une installation septique représente une dépense majeure qui n’apparaît dans aucun calcul de rendement standard.
L’accès en hiver compte également. Un chemin privé non entretenu par la municipalité implique une entente de déneigement et des frais annuels récurrents. Pour un immeuble locatif, l’accessibilité conditionne aussi le taux d’occupation en saison froide.
L’assurabilité mérite une vérification en amont. Une propriété en zone inondable, un bâtiment ancien mal entretenu ou un usage locatif touristique non déclaré à l’assureur peuvent entraîner un refus de couverture, ce qui bloque du même coup le financement.
Pour comparer les chiffres du marché local avant d’arrêter une stratégie, l’article sur le marché immobilier à Saint-Jérôme en 2026 présente les données trimestrielles par type de propriété.
Investir dans l’immobilier des Laurentides avec les bons repères
Investir dans l’immobilier des Laurentides en 2026 se joue sur trois arbitrages. Le plex offre les conditions les plus solides mais la concurrence la plus vive. La copropriété offre la meilleure marge de négociation et la croissance de prix la plus faible. La villégiature offre du choix et du temps, en échange d’une liquidité réduite à la revente.
Aucun de ces segments n’est bon ou mauvais en soi. Ce qui décide du résultat, c’est la correspondance entre l’actif, votre horizon de détention et votre tolérance à la gestion.
Pour valider une stratégie d’acquisition et évaluer des immeubles précis selon vos critères de rendement, discutez de votre projet d’investissement avant de déposer une offre.
Foire aux questions
Est-ce rentable d’investir dans l’immobilier des Laurentides en 2026?
Investir dans l’immobilier des Laurentides reste possible en 2026, mais les marges se sont resserrées. L’offre de propriétés a nettement augmenté au printemps et les marchés de villégiature se rapprochent de l’équilibre, ce qui améliore votre pouvoir de négociation. Le coût du crédit et les délais de location demeurent toutefois les deux variables qui décident de la rentabilité réelle de votre projet.
Quel type de propriété offre le meilleur rendement dans la région?
Le plex conserve la faveur des acheteurs et affiche les conditions de marché les plus serrées de tous les segments résidentiels. La copropriété, elle, se rééquilibre plus vite et laisse davantage de place à la négociation. Le choix dépend surtout de votre tolérance à la gestion locative, puisqu’un immeuble à revenus demande un suivi que le condo n’exige pas au même degré.
Peut-on louer un chalet à court terme dans les Laurentides?
Oui, à condition de respecter trois niveaux de règles. Vous devez enregistrer l’hébergement auprès de la Corporation de l’industrie touristique du Québec et afficher le numéro obtenu dans chaque annonce. Le règlement de zonage de la municipalité décide ensuite si l’usage est permis sur le terrain visé. Une déclaration de copropriété peut aussi interdire complètement cette activité, même dans une zone autorisée.


